Art Africain | Statuaire

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BURKINA FASO (Mossi)
Poupée rituelle
bois patiné   hauteur 30 cm   

On offre aux jeunes filles adolescentes du pays Mossi au Burkina-faso ces drôles de poupées très joliment stylisées afin qu'elles découvrent et apprennent tout en jouant les gestes de la future bientôt maman.
C'est pourquoi elles ont une patine assez particulière due aux nombreux soins, bains, crèmes et même mîmes, notamment celui de la tétée et du lavement.
Ces poupées jouent aussi sur le registre votif en promettant d'exaucer le voeu de fertilité de toute jeune femme.

Cette poupée vient de la petite ville de Koumbissiri. Sa ligne, très douce et épurée, ces formes arrondies, cet aspect filiforme sont particuliers à la sculpture dans cette contrée.
Le nombril est apparent et deux lignes gravées parallèles descendent jusqu'au pied.
En regardant bien on découvre deux petits yeux percés de part et d'autre de l'arête du visage et un troisième qui est vraisemblablement une bouche.
Nombreuses marques d'usages.

Prix : 380 €


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NIGERIA (Yoruba)
Jumeau
Bois à patine luisante   hauteur 25 cm   

C'est une remarquable stratégie de vie et de mémoire que recèle le culte des Ibedji chez les Yorouba du Nigéria. Un enfant meurt à la naissance ou en bas âge, parfois deux lors des naissances doubles : on acquiert une statuette qui "animera" le défunt auprès de ses frères et soeurs, auprès de ses parents.
Les Ibedji ou Jumeaux sont des représentations de l'enfant défunt dont la mère s'occupe au même titre que les enfants vivants.
Manipulées, soignées, parfois vêtues, souvent promenés mais aussi interrogés ou auxquels s'adressent des paroles, des chants, des actes, ces statuettes comme les âmes qu'elles représentent poursuivent leur "vie" au sein de la famille.
On peut hériter de ces statuettes mais généralement elles deviennent inutiles et sont abandonnées après le décès de la mère.

C'est un exemplaire rustique que je vous présente. Son attitude est intéressante. Personnage râblé, les genoux hauts et un crâne géométrique en forme de casque. Regard piqué de pointes d'aluminium, volontaire, et bouche taillée de dents. Restes de bleu dans la coiffe et Ngula - argile et matières- aux pieds et sur le socle. L'ancienneté est évidente.

Objet vendu



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BURKINA FASO (Lobi)
Couple de statuettes
bois à  patine crouteuse 14 et 14,5 cm     

Voilà le genre d'objets que je retiens dès que je les aperçois chez un marchand. Je sais que je ne partirai pas sans eux. Ce sera une question d'argent. Pour le reste, nous serons ensemble.

Le sculpteur a traité ce regard horizontal fendu jusqu'aux oreilles comme la première qualité de ce couple de statuettes : Voir, voir dans le noir, voir au dedans des choses et des corps, voir les esprits.
Si vous voyez leur profil les oreilles prennent ensuite le relais des yeux jusque sur le derrière du crâne. Voir et entendre, telles sont les missions de ces deux bolides que le devin envoie chercher des nouvelles des autres, des morts, ces ancêtres qui n'en finissent pas de tournoyer autour de leur famille, souvent critiques, toujours assoiffés.
La belle patine crouteuse un peu lustrée provient du "travail" que le devin imprime à ces deux intermédiaires patentés : nourritures et manipulations. Rareté, l'artiste a ajouté deux sortes de courts avant-bras qui partent des épaules et sont plaqués sur la poitrine. Deux bras supplémentaires pour combattre ? Un vêtement d'espion ? Une arme secrète contre les projectiles ? A vous de savoir.

Prix : 700 €



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BURKINA FASO (Lobi)
Couple de statuettes
bois patiné hauteur : 14 et 12 cm     

Chacune de ces deux statuettes est percée sous l'aisselle d'un petit trou par lequel une ficelle les tient ensemble et probablement s'attache ensuite à quelque chose comme en une sorte de pendentif : sur un autre objet, sur un vêtement particulier, à l'intérieur d'un sac, par exemple.
Il s'agit d'un couple d'objets intimes et qu'il convient de porter avec soi, en permanence ou lors de certaines circonstances.
C'est un très beau bois, rouge, sans défaut, très dur. Le sculpteur connait bien son travail et avec une lame très fine ajuste les traits de chacun des personnages. La sculpture est classique, très affirmée : l'art Lobi existe, il possède ses canons et très probablement ses ateliers réputés, ses écoles.
Au toucher on découvre que ces objets légèrement gras sont devenus très doux car les arêtes de la sculpture se sont adoucies avec le portage et ont été polies par le frottement.

Il s'agit bien d'amulettes dont le rôle est personnel et secret : guide ou conseiller, assistant dans une démarche, protecteur ou plus simplement représentation et présence du couple ou d'ancêtres auxquels il convient d'obéir ou qu'il faut porter avec soi pour être habile ou pertinent dans une entreprise à risques...

Prix : 600 €



GHANA (Lobi)
Statuette Ba-Téba
bois à  patine crouteuse   hauteur 31 cm   

C'est un jeune homme. Un peu zazou. Vous ne voyez pas la coiffe mais elle est très explicite : un volume épais au dessus du front qui descend en une longue et large bande taillée au carré au dessus de la nuque. Les tempes rasées sont très dégagées. Nous sommes au cours ou vers la fin des années 60. Les indépendances se manifestent en tout. La mode surtout. Elle est américaine et les premières revues " Ebony" qui ciblent et magnifient les noirs, circulent dans les capitales africaines. A partir de ces villes en devenir, les nouvelles et les dernières tendances voyagent vers tous les confins à la vitesse des véhicules qui sillonnent le pays. En pays Lobi nous sommes vraiment très loin des capitales, Accra ou Abidjan mais les liens sont solides avec l'intérieur où les chocs techniques, économiques et culturels s'imposent en tout. Manifestement l'artiste a traité de la mode au niveau de la coiffe. Pour le reste on est dans la tradition.
Le personnage est souriant : il a confiance dans la protection requise.
Cette statuette est un bel exemple des premiers métissages culturels qui annoncent les bouleversements à venir.
Bois noir. Patine crouteuse sur le bras, la tête, le ventre.

Prix : 500 €


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COTE D'IVOIRE (Lobi)
Maternité
bois à  patine crouteuse   hauteur 37 cm   

C'est un grand thème de la statuaire africaine. Recherché par de nombreux collectionneurs car ces objets où la mère porte l'enfant nous ramènent au début de notre chrétienté encore largement païenne.
Ce couple est très construit et très réussi. L'enfant est porté à l'épaule à moins qu'il ne soit "sorti" de l'épaule comme une certaine naissance chez Rabelais, un autre grand païen. Un bras, peut-être replié sur lui-même, porte l'enfant qui n'est plus un nourrisson, semble-t-il mais déjà un bébé, voire un enfant.
Etait-il malade pour qu'on lui consacrât une statue particulière ? Sa mère avait-elle autant enfanté qu'on choisît de la représenter ainsi, un enfant sur elle ? S'agissait-il simplement d'appeler à la fertilité pour une jeune femme ? Et ce ventre déjà bien pointu, ce nombril fort à moins que ce ne soit la main droite revenue soutenir l'enfant à venir, est-il déjà une grossesse avérée qu'il s'agit de suivre et de protéger ?
Les esprits malins rôdent, toutes les femmes enceintes le savent encore plus que les hommes : l'enfant bouge dans le ventre, c'est une proie facile.

L'objet est très charpenté, net, sans hésitations ni reprises. Les jambes légèrement fléchies de la mère montrent la force nécessaire pour être femme ( " C'est pas petite affaire !" disent sur un air chantant des amis pêcheurs de la côte togolaise ! ). Rien de superflu donc.
Seule intrigue : la mère et son enfant ( à venir ? déjà parti ?) n'échangent pas leur regard. Leurs yeux à chacun sont entrouverts mais ils ne communiquent pas le long d'une ligne.
Tout est intérieur. Sans connivence car la vie n'est pas simple et l'on n'a guère de loisir pour devenir complice.

La patine est épaisse par endroits et concentrée sur le devant de l'objet comme il se doit quand une statuette est déposée debout devant les autres dans le réduit d'où elle "travaille" et que l'on vient faire gicler sur elle le sang ou souffler par la bouche la bouillie ou la bière qui entretient son esprit.

Prix : 1 300 €


GHANA (Lobi)
Statuette Ba-Téba
bois à  patine crouteuse   hauteur 37 cm   

Quelle place a la pièce de bois choisie, coupée puis travaillée dans l'attitude et le mouvement général de cette statuette ? Quelle est la part du sculpteur, sa volonté ou son goût ? Quel rythme choisissait-il d'exprimer ce jour là ? On aurait bien des questions à poser à cet objet pour remonter à l'endroit où il a veillé des vivants, puis des morts.
Il semble que ce soit au Ghana mais rien n'est moins sûr. La doxa des antiquaires reconnaît aux objets Lobi du Ghana quelque chose de plus grossier, de plus rude, en un mot de plus "primitif" qu'à ceux de Côte d'Ivoire et plus encore qu'à ceux du Burkina-Faso où il semble, notamment dans la région de Kampti que la sculpture ait établi une culture esthétique très aboutie et à l'élégance remarquable.
L'objet est resserré sur lui même et en légère rotation. Les pieds sont confondus et, comme dans tout bon travail où l'équilibre est maître, le visage qui fait pendant au bras relevé fait contrepoids. Et même la bouche tracée de travers, le nez carré et plat, assez large pour déporter les yeux au niveau des tempes, participent de ce mouvement où chaque ligne vient construire et délimiter un espace à la géométrie précise.
Je dirais pour cet objet au déhanchement puissant que la volonté a primé sur le style, l'engagement sur l'exécution.

Prix : 800 €


BURKINA FASO (Lobi)
Statuette Ba-Téba
bois à patine sèche   hauteur 27 cm   

Petite statuette au bras droit étiré vers le haut. L'équilibre de la sculpture fonctionne très bien avec la tête inclinée qui fait contrepoids à ce bras si haut levé qu'il est pratiquement dans l'alignement de la jambe opposée. Cela donne une intéressante silhouette d'ensemble renforçant encore le mouvement d'étirement. Le tracé de la poitrine est lui aussi en déséquilibre avec un fort volume du côté du bras étendu.
Le sexe n'est pas vraiment précisé par le sculpteur, ou alors il est entendu avec celle ou celui auquel la statuette est destinée. Le bras gauche est étroit et plaqué sur le flanc.
Dans le visage ce sont les traits parallèles correspondant aux yeux qui retiennent l'observateur : l'objet "voit", il regarde; il est aux aguets comme tout bon gardien, tout bon protecteur qu'il est.
Une fine couche de patine sacrificielle longe le bras, s'est déposée sur l'épaule et la joue droite ainsi que vers la poitrine.
Les pieds sont en bonne partie mangés par leur long contact avec la terre.
Belle ancienneté donc pour ce petit objet très agréable à ressentir.

Prix : 500 €


GHANA (Lobi)
Statuette
bois à patine sèche   hauteur 29 cm  largeur 19 cm 

Statuette féminine au bras droit écarté en signe de protection.
La silhouette générale suit l'ondulation de la branche choisie par le forgeron-sculpteur.
Le visage est long et géométrique La bouche entrouverte semble parler véritablement, ce qui n'est fréquent dans la statuaire Lobi et africaine en général où "les statues se taisent". Le regard est tourné vers le sol et le bras, presque à angle droit, semble barrer le passage aux intrus.
A part le visage, le corps est peu marqué et porte seulement le relief d'une poitrine en "w" et sur le dos une profonde entaille à la hauteur des reins.
Preuve de l'ancienneté les pieds sont réduits à deux moignons de bois proches d'être vermoulus.
Cet objet est vraisemblablement d'origine du Ghana où un relativement forte population Lobi habite le Nord-Ouest.

Prix : 300 €


BURKINA FASO (Lobi)
Statuette
bois à patine sèche   hauteur 20 cm  largeur 17 cm 

Petite et fine statuette Ba-Téba aux deux bras levés et écartés.
La sculpture est élégante dans son attitude, notamment avec la tête légèrement penchée sur l'avant et le regard, c'est à dire le plan des yeux, très légèrement incliné vers la gauche. Les bras sont longs mais sans mains à leur extrémité ( très léger manque à la main gauche puisqu'au verso le même plan oblique mais inversé par rapport à l'autre bras, est entier et patiné ).

Large encolure, tronc régulier sans marque et vigoureuses incisions à la ceinture, aux genoux et aux chevilles. De même sur le dos, profonde entaille aux niveau des fesses puis à l'arrière des genoux et aux chevilles afin de marquer les pieds.

Bois dur et léger. Très sec. Patine sèche. Il s'agit d'un objet qui a été mis en place en tant que gardien et qui n'avait pas pour rôle d'être manipulé. Ce qui n'empêche pas son ancienneté évidente et incontestable. Ou encore c'était un objet confectionné dans un but précis pour un usage particulier et, celui-ci échu, l'objet a été délaissé.

Objet vendu


TOGO (Lamba)
Couple de statuettes
bois à patine sèche   hauteur 28 cm   

Lamba ou Losso ? La question est ouverte pour ces deux peuples géographiquement et humainement proches, situés au nord du Togo dans le pays de Sarakawa au nord de la belle ville de Kara.
Couple de statuettes représentant les esprits des ancêtres. La sculpture est simplifiée et comme à peine dégrossie. Il s'agit pourtant d'un style reconnu et dont un certain nombre de sculptures circulent actuellement - mais pour combien de temps encore ? - sur le marché. Les corps sont massifs et scarifiés au visage, sur les avant-bras, à la poitrine et jusque autour du nombril. Les visages sont stylisés, expressifs comme deux ancêtres qui mettent les vivants en garde et/ou les protègent. Aux pieds de celui qui est peut-être l'homme un fin collier fait d'une lanière de peau brute de chèvre. Les adultes comme les nouveaux-nés portent aussi souvent ce genre de bijou-talisman ou de remède.

Prix : 800 €


BENIN (Fon)
Statue champêtre
bois érodé   hauteur 92 cm   

"Fon-Cambolé" est une drôle d'appellation due à notre ignorance presque totale du mouvement des populations dans des zones de savanes pourtant proches du rivage océanique du golfe de Guinée. Et c'est un peu nous, les antiquaires, qui nous sommes entendus sur cet intitulé très vague qui accole le nom d'une ethnie - les Fon, qui habitent maintenant l'endroit - et une appellation géographique précise, un village en fait, "Cambolé" au Bénin, tout près de la frontière avec le Togo, autour duquel ont été signalées puis collectées ces grandes statues-piquets abandonnées, installées en extérieur et très érodées par le temps.

Je profite de cet objet pour dire un mot de Fousseini,un marchand Haoussa de Cotonou qui connaissait bien ce lieu-dit où il allait régulièrement et d'où il avait été le premier, je crois, à rapporter ces étranges poteaux anthropomorphes parfois si érodés que seul un amateur-collectionneur pouvait en reconnaître l'origine.
Ces grandes statues d'extérieur en bois dur, très sec et raviné, présentent, dans un style succinct qui se résume parfois à de profondes encoches pour marquer l'articulation des membres ou les traits du visage, des personnages debout qui semblent guetter les alentours. Les habitants actuels de la région de Savalou au Bénin qui connaissent ces anciennes statues ignorent tout de leur signification et disent simplement qu'elles étaient en place lorsque leurs aïeux étaient arrivés pour s'installer dans les lieux...
Arrivé à Cotonou, Fousseini remisait ces statues-poteaux dans un réduit aveugle peu accessible et cela faisait partie de notre heureux métier de les sortir de l'ombre, les aligner dans la cour étroite inondée de lumière et contempler leur silhouette schématique au milieu d'enfants intrigués, de linge pendu à sécher dans la vapeur bleue des marmites ou de moutons attendant le repas coutumier des grandes fêtes musulmanes.
Ce piquet-ci, très légèrement incliné, est d'une grande douceur et d'une belle acuité, rappelant un personnage féminin. Le dessin habile ou juste esquissé des hanches introduit deux bras placés en losange du nombril jusqu'au cou qui renforce l'attitude de vigilance et de protection de la gardienne.
Peu érodé par rapport à de nombreux autres poteaux de Cambolé, on peut penser qu'il était planté sous abri.

Prix : objet vendu
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